vendredi, 08 mai 2009
infra-homosexualité

Homophobe ne veut pas dire hétéro, et plus vous vous en prenez à une minorité et dans le cas présent à une sexualité qui n'est pas la-vôtre, plus vous mettez, malgré-vous, le doigt sur une problématique qui vous engage et vous révèle plus quelle n'infirme la sexualité d'autrui.
L'homophobie de conviction est un renfermement qui n'a de sens que dans ce qu'elle dérange une part de son équilibre propre. Pour moi, l'homophobie sur laquelle on tombe de temps en temps est plus une homophobie de salon, de groupe, de circonstance, c'est une homophobie GPS qui permet davantage de vous repérer que de vous affirmer. Une sexualité assagie n'agresse pas celle des autres.
Cette formule que je propose d'homophobie GPS permet à l'hétéro de circonstance de se repositionner vis-à-vis du groupe pour gagner en légitimité en se polarisant sur l'orientation déviante des autres plus que sur la sienne propre, qui, si elle était partagée par tous avec la même fréquence, ne devrait pas générer la violence qu'il impulse de lui-même comme pour affirmer une sexualité qui ne serait pas stable.
Ce qu'il ne perçoit pas dans ce positionnement à double effet, c'est que si il s'affirme vis-à-vis du groupe qui, lui-même s'auto-alimente par ce type de propos, il se localise du même coups géographiquement dans des régions où il ne devrait pas se trouver si il avait une sexualité assagie. Cette homophobie joue alors un rôle de traceur-malrgé-lui. C'est une forme d'infra-homosexualité.
L'ennuie pour ces individus c'est que que l'hétérosexualité se pose plus comme un label qui n'engage que celui qui l'arborre que comme une norme européenne d'étanchéité parfaite entre les pratiques existantes. Se dire étanche ne veut pas dire être étanche...

Notre sexualité est un Nautilus immergé, pour toute la durée de notre vie dans les profondeurs de la sexualité, et ce vaisseau contient en lui, les principales orientations qui nous traversent avec tout un réseau de couloirs de correspondance entre les diférentes pratiques. Libre à chacun d'établir son quartier général dans celle qu'il jugera principale et de faire des autres de simples cabinets de curiosités ou de leur porter un intérêt de fond de cale laissant la partie consciente dans l'obscurité et à l'inconscience qui reste inconnu. Par contre il n'est pas possible de se détacher de ces potentiels sexuels qui sont en nous comme des ballastes. Ils ne sont pas des options comportementales mais des constituants de nature.
Nous ne pourrions pas construire l'étanchéité d'un Nautilus sur le même shéma de fiabilité que celui qui prévaut aux étiquettes censées définir homosexualité et hétérosexualité. Dans les faits ces pratiques sont imbriquées et les expériences de la vie leur donnent un éclairage plus ou moins prégnant selon les âges, les cultures etc.
La part d'identification à cet ensemble social que forme son propre sexe, le partage des codes sociaux et des véhucules qu'ils emploient pour s'imposer, comportent déjà en germe l'homosexualité. A l'inverse, la seule présence d'un second sexe et la part qu'il prend dans l'organisation du groupe implique une hétérosexualité de fondement. Je ne pense pas que hétérosexualité matrice de toute vie se suffise à elle-même et puisse s'arroger le droit d'établir sa tendance comme norme. Il n'est pas de sexualité complexe sans interférences entre les sexes et ces fameuses normes organisationnelles ne sont pas les mêmes que celles qui sous-tendent nos pulsions.
Les moeurs sociales évolues mais pas l'architecture de nos comportements. Le cerveau humain se compose de trois parties, le Reptilien qui gère nos automatismes comme ceux des réptiles dont nous déscendons, le Mammalien que nous partageons avec les mamifères et enfin le Néo-cortex qui recouvre les deux autres par ses méandres. L'homme reste partagé par ses trois cerveaux qui le font passer de l'instinct à l'anticipation qu'il nous semble nécessaire de dominer par la pensée pour être conforme à l'Être d'exception qu'on aimerait se croire être. En réalité, c'est bien avec ces trois cerveaux, ces trois directions qu'il faut composer, et non à l'échaffaudage de l'éclusion d'un seul.

Baiser c'est être nu, c'est être animal ou le redevenir, c'est se reconnecter à ces cerveaux oubliés. Ne demandez pas à la pensée de générer les hormones utiles à l'esprit débile qu'il nous faut développer pour réspirer le cul d'un garçon le matin quand c'est encore tout mouillé des chaleurs de la nuit. La pensée nous permet d'en comprendre les mécanismes mais ce n'est pas elle qui les déclanche et elle n'en demande d'ailleurs intrinsèquement aucune des prérogatives dont on aimerait lui voir l'exclusivité. Qu'est-ce qui me fait aimer ces aisselles de pluie où l'odorat se blotti ? Pourquoi en tant que garçon ce corps de même me passionne au point d'en perdre toute raison ? C'est parce que de là qu'elle vient, de raisons il n'y a plus. C'est comme réptile que ça s'impose, c'est de ce cerveau-ci que démarre l'insondable de la sexualité que décuple la confrontation homosexuelle de ces deux entités. Ainsi, ce qui contrevient à notre culture ne contrevient pas à notre nature. L'homosexualité vue comme une déviance n'est autre qu'un constat d'effraction des normes établies par celui qui les écrit mais jamais une violation de la nature dont on est pas le pré-existant.
10:57 Publié dans Homosexualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






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