dimanche, 03 mai 2009

Des doigts en or mais une âme pleine de merde

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C'est amusant ce lien qu'on fait entre massage et prostitution. Il semble que le fait d'être un gros pèd suffit à installer une sorte de proximité de complaisance devant nécessairement aboutir à un rapport sexuel découlant de l'évidence-même du massage. Et encore, quand je dis "rapport sexuel" c'est souvent une forme de sexualité adolescente mécanique, tétanisée par ce double statut qui à la fois exsite les convoitises face à ce Dieu supposé du massage qu'est sencé être son masseur et donc du préliminaire, et d'un autre côté cette part de tanatos, d'escorte vérolé qui baise comme un bonobo-distributeur de MST spécialement sélextionnées pour leur virulence.
Étrange conception d'autrui. Étrange façon de renoncer à son sexe en le rendant spontanément in-massable parce que irrémédiablement séxuel, jamais apaisé, jamais hors-sexe.
L'homosexuel vu comme vecteur de facilité. Là je suis en train de lire Simone de Beauvoir, le 1er tome du deuxième sexe. Elle cite Balzac page 193 "La femme mariée est une esclave qu'il faut savoir mettre sur un trône". En un mot, pour mieux assujettir les femmes, il faut leur donner l'impression qu'elle sont le centre. Et bien il en va de même, pour nous les masseurs, nous sommes des "esclave qu'il faut savoir mettre sur un trône" par la flatterie qui devrait suffire à nous faire céder toute rétissance malvenue. Dans la hiérachie de la prostitution nous sommes la bourgeoisie parmi les chaisières. Des branleurs qu'il suffit de payer aussi aisément que les homosexuels n'ont pas de répulsion vis-à-vis des corps de même sexe. Poupée de chiffon sans pensée ni conscience qu'avec 60€ on peut traîner par leur cheveux de laine quelques instants. Dès que nous devenons des commerçants, il nous faut renier jusqu'au de droit d'employer le mot massage pour gagner en condition et même installé, le sourire complice accompagne toujours le client intéressé sans culture aucune des arts qu'il rejoint. Il boit dans nos mains l'huile dont on l'inonde pour la seule raison qu'à tenter de mieux connaître son corps il prèfère envisager le-nôtre comme un Toulouse-Lautrec perverti par l'idée obsessionnelle d'une sexualité interlope.

Mon corps d'homme jamais ne sera donc massé sans que d'aucun veuillent me le branler tandis que les autres me suspectent de le vouloir ? La prostitution est donc la seule alternative à l'absence de savoir_massé et le seul enfer qui puisse retenir une clientèle grivoise ?
Nous ne pouvons pas accepter de nous réduire à cela. Je suis pédé, et alors, quelle subversion contient encore ce mot ? Il s'installe bon an mal an comme un confort suplémentaire, mal assuré, pour hétéro en chasse de frissons exotiques ou bi en formation de pratiques étrangères.

Moi j'en masse des queues, tous les jours, mais pour moi la lutte est plus dans le danger de devenir bourgeois en épousant la thèse des autres que de faire ce que je sens. Ce que je sens, c'est précisément le besoin impèrieux de ne pas laisser mon sexe aux hommes qui voudraient le réduire en une sorte d'intouchable au vu de la loi et de Bouddha ventripotent que chacun vient toucher parce qu'un masseur ça s'achète. Comment dire, je me sens intrinscèquement masculiniste. Ce corps est à moi, aucune loi ne saurait le délimiter dès lors qu'il participe à ma nature fondamentalement masculine. Je me sens garçon et ce que je souhaiterais avoir les compétences de dire, c'est que le féminisme ne peut guère aller plus loin sans que les hommes fassent à leur tour leur inventaire. Les hommes auxquels je suis habituellement confrontés me semblent terrorisés à la moindre idée de remise en cause. On sent leur incompréhension lorsqu'on qu'on leur explique que le sexe en massage n'est pas possible et que l'éthique nous impose ses contingences morales. C'est comme leur demander de renoncer à l'insouciance de l'enfant qui croit encore pouvoir montrer du doigt pour obtenir ce qu'il veut. Notre corps si facile à la sexualité si musclée, obéissante, monstrueuse, belle, magnifique corps masculin qui se révèle dans la massage rennonce toujours à une part de sa nature lorsqu'il doit admettre que la poétique de l'achèvement ne passe pas par le sexe parce que je suis commun à tout ceux que je masse. Comment le dire autrement ? Masseur n'est pas amant et mon corps n'est pas un tribu, une dépouille opima spolia dont on s'empare comme un Général vainqueur de la défaite des autres. Pourquoi si peu d'hommes m'entendent ? Je sens qu'ils perçoivent ce que je fais passer dans ce massage qu'ils prolongent comme un bien-être ancien qu'on voudrait resentir encore une fois. On est sur la même longueur d'onde mais plus par nature que par oreintation. De combien l'hétérosexualité particpe t-elle au choix d'un gynécologue ? L'homosexualité me semble moins lié à mon choix de devenir masseur que ma sensibilité d'homme m'a poussé à le devenir et si elle a pu être une étincelle elle ne préside pas à l'ensemble du mécanisme.

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