samedi, 20 juin 2009
Naturistes naturels

Une réflexion me vient alors que je matte ces rugbyman nus, le prépuce long, le poil dru, Néo-Zélandais, ils jouent entre eux, dans le plus simple appareil. L'émotion passée devant une telle débauche de pines en liberté rentrant après tout naturellement en résonance avec ma sexualité, je me demande qu'elles sont les révélateurs de notre propre rapport au corps face à cette nudité fraîche et à la vue de celle des autres ?
Je rappelle que je suis masseur en massage français, je vois des hommes et des femmes nues toute la journée, je masse même l'ensemble du bassin et les demandes de finitions sont régulières au nom de ce que certains appellent le sexe en toute simplicité, et que je préfère quant à moi l'appeler prostitution. Ceci pour dire que malgrès l'homosexualité ultra-réaliste qui est la mienne, je suis on ne peut plus éloigné théories du sexe facile, d'autant plus que je bosse 7/7. Mais quand même, qu'est-ce qui fait que je réagisse à ce point devant cette horde d'hommes nus ? Certes, nous sommes au début de l'été, le soleil monte, les jours rallongent et ma physiologie de mec réagit d'autant plus rudement que je suis célibataire mais cela ne suffit pas à expliquer mon état. En fait, c'est le côté inhabituel qui me rend dingue, c'est de voir ainsi évoluer une meute d'homme qui symbolise l'archétype masculin. C'est à la fois un idéal et une idéologie, un peu comme il peut y avoir eu des amazones, il y a des communautés fermées dans lesquelles la sexualité et toute ses projections sont exacerbées par l'imagination et le fantasme de ceux qui n'en sont pas.

Mais au-delà de ça, il y a une question intéressante que j'aimerais me poser c'est, que ce passerait-il si je venais à refuser, à partir d'aujourd'hui, de porter le moindre vêtement que ce soit pour le restant de ma vie ? Si je décidais de devenir un naturiste naturel, si, sans aucune pervercité, je concidérais que mon état de nudité de naissance devait se poursuivre en nudité de vie, comment la société dont je suis un membre de plein droit, réagirait-elle pour m'en empêcher ? Par l'incarcération ? Par l'enfermement dans une cage pour m'isoler du regard des autres ? Et bien oui, c'est en effet ce qui arriverait.
Donc, être naturel ou souhaiter le redevenir, ce serait s'exposer à l'enfermement définitif. Seulement si je refuse tout autant de m'habiller que de me couvrir, comment pourrais-je parraître à mon procès ? N'y en aura-t-il pas, à moins que l'on ne me mennotte pour m'enfiler de force un pantalon ? Le vêtement peut alors être apparenté à une mesure de contention, à une camisole culturelle.
Quelle autre réponse pourraît avoir la société face à un homme ou une femme qui refuserait de remettre un vêtement ? Où pourrait-on l'envoyer vivre en France ? Ce ce serait la question originelle que devrait se poser toute société moderne pour évaluer son degré d'acceptation et au regard de l'évolution de ses moeurs, quel espace accorde-t-elle encore à la nature ? Quand je dit nature, je ne parle pas de la nature dans son ensemble mais de l'état naturel de l'homme autour duquel est sencée s'organiser la société. Ensuite seulement, ce serait intéressant de se repositionner en se demandant quel problème pourrait bien poser la nudité de l'espèce humaine dans l'ensemble du vivant ? Ainsi, nous en sommes venu à interdire la manifestation de la nature et à rendre obligatoire le voile de l'oeil. L'oeil ne serait plus autorisé à voir ce qui entre dans son champs visuel mais juste ce qu'il lui est autorisé à voir. Est-ce regarder qui est mal ou montrer ? Est-ce de l'exhibitionnisme ou du voyeurisme ? Et si l'on parlait tout naturellement de nature ? Lorsqu'une mouches se pose sur mon fromage elle est pieds-nu, et si je me baisse un peut, je vois ses fesses. Si la nudité est une provocation alors il serait intéressant de s'interroger sur le sens que nous donnons à l'autorité de ceux auxquels nous la déléguons.

En fait il faut contrarier le système pour l'obliger à se remettre en question et parfois lui permettre de se rendre compte du ridicule dans lequel il plonge ceux qu'il veut assugétir à son mode d'organisation. En plus, je ne suis pas naturiste du tout, je suis un petit gabarit, je me refroidi très vite, je souhaite garder la peau blanche et suis tout-à-faire convaincu de modernité. Le vêtement est pour moi une expression de l'élégance, de la sexualité, c'est une façon de se couvrir, de se protéger du froid, de la chaleur et surtout, c'est ne pas exposer à tout le monde ma nudité complête afin que l'accès à ce corps soit un corps reservé. J'aime l'érotisme, du déshabillage et du rhabillage, redécouvrir l'instant d'une indiscrétion l'intime enfermé que la circonstance m'offre et non voir étallé sous mes yeux la permanence de la nudité des autres. Le vêtement est une pudeur et la nudité sa vérité. Je suis irrémédiablement contaminé par le vêtement, il n'empêche que cela pose le problème de la nudité d'autrui mais si on le posait comme une simple préférance ? Je peux ne pas avoir envie de tomber sur un groupe de la Croix-Rouge faisant la quête, libre à moi de détourner le regard, de décliner leur demande de don ou changer de trottoir. Si le naturisme me déplait, les vêtements des autres peuvent aussi m'indisposer et c'est pour cela que l'on crée des "camps" de naturistes... Pourquoi n'y aurait-il pas des camps de textiles ? Après tout l'in-esthétime de certains corps que l'on pourrait m'opposer pour justifier ces interdictions n'a rien à envier à celui, sinon de certaines modes, en tout cas à celui parfois douteux que je croise dans la rue. Mais je persiste à me demander ce qui m'arriverait si je venais à déambuler dans Paris tout nu ? Est-ce qu'une démocratie pourrait trouver la légitimité suffisante en puisant dans le culturellement acquis et aller contre ses principes de liberté en m'incarcérant ? Si je persistais à rester nu, serai-je emprisonné à vie ? Qu'un jeune homme de 18 ans le fasse, ce pourrait-il qu'il soit enfermé pour le restant de ses jours ? Comment situer la liberté et faire qu'un état naturellement donné à sa naissance deviennt un délis ? Être n'est pas exhiber.

Je me suis posé cette question par exemple, y a t-il un endroit en France, ou même dans le monde, où je puisse vivre sans autorisation, construire une cabane de bois, ne rien posséder, me soustraire à l'impôt et à toute déclaration ou rédaction de formulaire que ce soit, pas de carte vital, pas de numéro de sécurité sociale etc ? Et bien non, et si de ce mode de vie naissait une communauté et que celle-ci se reproduise et bien les bébés leur seraient enlevés. En un mot, l'espace vital de l'homme comme animal se réduit de jour en jour auatnt que nous réduisons l'espaces des autres espèces.
Bien sûr on me dit qu'il y a un contrat tacite avec l'Etat et que je dois m'y conformer, seulement là où la naissance m'a placé, je ne suis pas obliger de souhaiter me conformer à l'ensemble des obligations de pure forme que l'on m'impose. Moi je n'ai rien signé, et si je ne suis pas d'accord, quelle alternative puis-je avoir ? A la contrainte du plus grand nombre m'est opposé la punition de mon Être mais pas de possibilité de me désinscrire du système. Refuser cette organisation humaine m'expose à être mangée par elle. C'est une sorte de cannibalisme social. La prison devient un estomac où s'entassent tous les associaux, tous les rejetés de ce gigantesque organisme vivant. Les prisons sont alors un ventre où croupi la révolte de ceux dont personne ne veut assumer la pertinance de la question. Lévis Strauss parlait du cannibalisme primitif qu'il opposait à l'homophagie, et bien ici nous avons une autre forme de cannibalisme politique. Le monde se rend compte qu'il n'a rien prévu pour les peuples naturels, pour les gens qui souhaitent vivre nus. On le voit partout où le sous-sol révèle quelque richesse que ce soit, dès lors qu'il représente un intérête économique pour les Etats qui se les sont arrogés, ils subordonnent dérechef toute antériorité ou valeurs religieuses, ancestrale pré-existante à leur domination.
Je croix qu'il faudrait des hommes et des femmes pour décider de marcher nu pour toujour afin de mettre l'Etat devant la réalité des corps qu'il gouverne. Comment repenser la nudité dans nos sociétés sans se retrouver dans des réserves pour originaux et verrouillées par des associations naturistes tout aussi arbitraires ?
Je pense que le Gandhi occidental du 21ème siècle sera un Gandhi nu et c'est cette nudité qui sera la remise en cause des droits premiers à l'existence.

15:39 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : naturisme, nudité, homosexualité
mercredi, 17 juin 2009
Quelle place ont les glaires dans l'amour ?

Les crachats, ça, ça me fait bander.
Killing Lawrence écrit ceci "Voyez-vous, je suis professeur et j'observe souvent dans les cours de récréation des jeunes qui crachent par terre le plus simplement du monde, comme ils respirent si l'on peut dire.
Ça m'a inspiré l'Art du Crachat, ou quand ce geste anodin se transforme en un art à part entière...
J'ai pensé à un homme qui aurait eu la révélation de sa vie en voyant sa partenaire bavant de plaisir en faisant l'amour. Il n'aurait dès lors cessé de retrouver cette bave orgasmique dans tous les moments de son existence, jusqu'à faire du crachat un Art majeur et absolu.
Mais le public n'a pas compris :
comment de vulgaires expectorations glaireuses pourraient se targuer d'être un art ?
Voilà. Triste leçon."

Mais comment le public pourrait-il comprendre ce que l'éducation lui enjoint de ne pas faire sous peine de se dissocier du groupe ? Le cul, les pieds, les aisselles ça pu, le sexe n'est pas propre, se gratter le nez c'est crad, se laver les mains quand on va aux chiottes est une évidence de l'hygiène, pourtant, combien d'entre-nous le pratique vraiment ? Il n'y a guère que les mômes pour aimer les trucs gores, de bouffer leur crotte de nez dans la rue, de se sentir les doigts après se les être mis au cul, d'aimer Grotadmorv, les mollards verts des farces et attrape, et autres gremlins qui répugnent les adultes.

Le crachat est-il un art ? Et si plus prosaïquement on se demandait qu'elle place à le crachat dans le sexe ou plutôt à l'inverse, combien de mecs se sont vraiment branlés sans jamais cracher sur leur pénis, combien de pédés n'ont jamais lubrifier leur doigts ou leur gode avec leur salive quand ils ne se le remette pas dans la bouche, ce que j'adore faire ? Un mec allongé sur un autre en train de lui rouler une pelle de mollusque contraignant l'autre à avaler son jus, pleins de mecs adorent. Mais parler des excès de l'amour et des formes plus glaireuses de ce qu'on peut rencontrer en baisant, que ce soit les mollards, les pétuités nasale avec notre bonne vielle crotte de nez ami des enfants, le sperme, l'urine, la sueur, les pertes séminales, et autres merdes dans le cul ou dans les yeux au réveil, là se révèlent les belles coulures de l'amour qui participent au sexe underground. Tu sais qu'Apophis serait né d'un crachat du démiurge que les dieux primordiaux auraient rejeté, le condamnant ainsi à une perpétuelle révolte ? Le crachat comme une révolte, c'est ça qui me fait kiffer. La subversion dans l'humeur et l'humeur devient source de désir. Un mec cambrer en arrière pour pisser contre un arbre, qu'est-ce que tu veut qu'il y ait de plus sexy ?
Il n'y a rien de plus primitif qu'un mec qui t'éternue au visage, moi j'adore. Lui ronger la gueule en lui nettoyant les trous de nez, lui curer le tarin avec ma langue, il y a une expression qui remonte à l'antiquité, c'est "faire l'amour par les sept orifices". Ben, parmi ces sept orifices, t'as les trous des oreilles, ceux du nez, de la bouche, de l'anus et celui du sexe féminin ou masculin qui a aussi son méat. Mais qui baise comme ça ? Voilà un autre avantage d'être pédé et d'adorer le corps de ses semblables. Parfois, des corps de mecs te rendent tellement dingue que t'es prêt à tout pour lire en lui.L'autre jour, en massant le sexe d'un mec, donc au taf, il ne s'agissait pas d'un rapport sexuel, je me suis fais l'observation suivante :
En fait, un peu comme l'homme possède trois cerveaux, un reptilien, un mammalien et un néo-cortex, et bien le sexe et la raie des fesses compose une sorte de corps reptilien primitif. Le zob respire les origines et avec lui, le cul et l'ensemble des humeurs du corps. C'est comme un mec qui dors, qui pète, qui baille, qui éternue ou qui a le hoquet, ben je trouve ça craquant.
Alors, il y aura toujours des psy pour annalyser le pourquoi du comment de cette fixation sur les productions masculines, un stade de l'enfance qui ne s'est pas accomplit convenablement mais qu'importe l'origine dès lors qu'on a l'ivresse.

Je vous recommande la lecture du Mal propre, le dernier livre de Michel Serres. Il y dissèque le lien profond, éthologique, qui existe entre le sale (ce que le corps, humain ou social, expulse : crachat, urine, fumier, sang, sperme, cadavres) et la propriété. Nos déjections et rejets marquent notre territoire et c'est autant, pour ma part, le territoire que le mode de marquage, et ce que le mec utilise pour le marquer qui m'excite. Bouffer des aliments qu'il aurait pré-mâché dans sa bouche, boire l'eau tiède qui coule de ses lèvres et c'est comme un orgasme dans éjaculation ou plutôt une éjaculation faite de viande, de liquides s'échappant de lui pour devenir partie intégrante de moi. C'est très alchimique ce besoin de ne former qu'un alors que tiens temps à la spécificité des Êtres et à mon indépendance mais probablement pour mieux m'inféoder à celui que je désire baiser dans l'acte de la vie qui caratérise le plus l'union, le sexe et parmi ces pratiques, celles sublimes de l'homosexualité.



comme aliment de sexualité et instrument violent de contestation des pouvoirs. Celui auquel je me soumets est celui que j'ai choisi, pas celui qu'on m'impose avec en plus l'audace de me dire ce qui est bien et ce qui ne l'est pas. Si boire de la pisse ne l'est pas, alors, je veux la boire et formuler par là que ma répugnance vis-à-vis des bourgeoisies installées. Mon cortex cérébral ne m'indique pas de penser comme vous pensez mais de penser pour me définir et me différencier des autres.Les humeurs sont dans l'art les dernières formes de violences consenties parce qu'elles sollicitent les cinq sens pour mieux les agresser. Baiser est une agression. Même consentie, c'est une intrusion, un corps étrangé qui me recouvre, m'impose son désir même si je suis en mesure de lui opposer le mien, nous restons dans la confrontation d'une prise de plaisir. Faire intervenir les sucs masculins, c'est crever ensemble dans un petite mort dans une putréfaction mutuelle et partager, c'est ne pas être seul quand on s'éteint et avoir le bonheur de se réveiller à côté de ce cadavre d'hier, aujourd'hui ressucité mais déjà prêt à recommencer.

Ce qui coule dans ma gorge, acre, salé, uré est le corps de l'autre fait mien. Si tu transposes le sang du Christ avec le sperme ou la pisse du mec, ça te donne un truc complétement ouf, «Prends et bois-en, ceci est mon urine livrée pour toi» et là tu lui urines à la gueule et en plus il avale parce qu'il croit en toi.
Tu rentres là dans un porno gay avec un contenu archétypal et une résonance hyper puissante avec l'autre. «Faire cela en mémoire de moi». Amuses toi à remplacer le corps du Christ par de la merde ou des crottes de nez et un hurlement au blasphème retentira, c'est ça qui me fait jouir. Il retenti parce que le vulgaire de la création absorbe le noble qu'elle tente d'opposer à sa nature première. L'intouchable créateur, le Père, la Mère et le Saint esprit de la continuité sont malmenés. C'est Jung qui, dans psychologie et alchimie travaille sur l'élément féminin que contient la trilogie. Je ne cherche pas à étayer mes fantasmes de barge, pédé et déséquilibré par des lectures dont je ne suis qu'un médiocre interpète, mais juste de retrouver dans la prima matéria cet attrait pour des textures devenues immondes et que nombre d'entre-nous recherche encore. Tu ne peux pas répondre à cela par la baise, comme Onan, si tu "fraudes par terre" tu es terrassé, seulement le hurlement des moralisateurs est l'orgasme de la vertu bousculée. Ce que j'écris-là est la projection d'un esprit de pédé mais les hétéros n'ont même pas à changer la phrase originelle «Prenez et buvez-en tous, ceci est mon sang livré pour vous» dès lors qu'ils font partie de ceux qui aiment la menstrues des femmes et là aussi, le scénario peut devenir monstrueusement top.
Si boire une coupe de vin devient le sang du Christ, c'est-à-dire une inféodation totale et renouvelée à lui, alors, le sang du vulgaire peut devenir à son tour orgiaque en sachant que cette orgie, _combien de dieux Pan, de divinités lubriques avant l'émergence du monothéisme_ a précédé ce rédempteur. Dieu à créer l'homme mais pour l'hatée que je suis, c'est l'homme qui a créé dieu à son image et lui fait couler dans une coupe ses chaleurs corporelles. Moi c'est ce que je recherche entre les cuisses des hommes, une spiritualité et une fascination.
20:26 Publié dans Homosexualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mollard, crachats, pédé, sang, humeurs, glaires, pétuités nazales, crotte de nez, homosexualité, crad, gore
mardi, 09 juin 2009
Être homme comme un problème

Je suis une victime à quadruple détente, prostitué par déduction, masseur par métier, gay par sexualité, homme par naissance. Ça c'est intéressant, faire de son sexe dit fort, un handicape et un sujet de malaise. Je suis toujours regardé comme un stéréotype, masseur et donc, garçon toujours potentiellement disponible, cela se poursuit comme gay qui entretient avec les hommes une proximité sexuelle qui me fait partager avec eux la même nature et donc les mêmes envies que l'homosexualité permet naturellement de satisfaire et je deviens du coup prostitué au fait des érotismes les plus exacerbés.
Je voudrais essayer de déblayer un peu tout ça. La prostitution masculine ne s'impose pas de fait puisqu'elle a lieu dans le sérail. Qu'une femme soit une pute ne pose pas de problème, c'est plus que bien perçu que d'aller voir des professionnelles du sexe pour ré-équilibrer ses besoins sexuels ou aller dans des sexualités que le couple ne pratique pas, par contre, si l'homosexualité peine à se laisser nommer dans la tête de ceux qui la pratique occasionnellement en lui préférant le terme de bi-sexualité, même si on oublie que pour qu'il y ait bi-sexualité il faut qu'il y ait pratiques homosexuelles, il en va tout autrement de prendre conscience que se faire faire une finition, par son masseur, en fin de séance, est un acte de prostitution masculine caractérisée.
La prostitution hétérosexuelle est certes, perçut comme un dévoiement des règles communes d'organisation sociale dont la sexualité est une déconstruction des valeurs morales mais la prostitution homosexuelle, installe la sexualité elle-même comme une négation de genre. La pratiquer c'est remettre en cause ces règles communes et la rémunérer n'est qu'un stade supplémentaire de sa corruption. Ça c'est ce qui est affiché, par contre, du côté des hommes, cette proximité que facilite l'homosexualité est de plus en plus perçue comme l'aboutissement naturel d'un besoin, c'est se retrouver ensemble, comme dans la vie de tous les jours, et s'entendre autour du plus petit dénominateur commun de la sexualité qu'est le plaisir masturbatoire. C'est s'identifier à l'autre, et rejouer, selon le cycle qui s'engage, les liens de socialisations par la consommation discrète des corps. Pour l'hétérosexuel, l'homosexualité est une transgression, pour le bi-sexuel c'est une évolution et pour l'homosexuel c'est un accomplissement mais il est étrange qu'une sexualité puisse être règlementée par ceux qui ne la partagent pas.

Si lever l'hypothèque sur sa sexualité en le disant reste compliqué, le faire sans le sire n'engage, de fait, plus le groupe de la même façon tout en continuant à promouvoir sa recherche naturelle du plaisir en s'en écartant momentanément. Être homme, c'est constituer ce groupe de puissant, et avoir un contact sexuel en son sein, même si cela va contre les valeurs qu'il a lui-même établit, c'est en constituer pour l'occasion un autre et même si l'orientation sexuelle reste discordante, elle n'en est pas moins toujours ancrée dans les mêmes certitudes que celles de son sexe identitaire. Certes, l'homosexualité le bouscule dans ses valeurs, mais elle reste fondamentalement attaché au clan et dans l'incapacité de pouvoir dégager une réelle dynamique de remise en question. Il ne s'agit pas de refermer là le sac dans lequel ce pareil au même ne ferait que clore le débat mais juste de tenter, avec mes misérables lanternes de gay, d'éclairer ce sujet qui m'intrigue. L'homosexualité qui me distingue contient les germes d'une contestation que mon appartenance à un groupe plus vaste, annule. Ce n'est donc plus en tant qu'homosexuel masculin qu'il me faudrait poser la question mais en tant qu'individus composant d'un groupe encore plus vaste qui serait celui que forment les hommes et les femmes prit ensemble, toutes sexualité confondues.
Le problème me paraît plus se situer au niveau des articulations de ces différents groupes et des mouvements intérieurs qui les parcours, les irriguent. On semble plus s'émouvoir de la forme d'une sexualité, de sa légitimité, en se focalisant sur le choix des mots, sur les pratiques, les fantasmes parfois brutaux, pour dénoncer des effets visibles de tous, plutôt que de s'intéresser aux causes difficiles à comprendre du plus grand nombre. La sexualité des autres ou l'exercice de tout autre pouvoir, dès lors qu'on en est la victime plus ou moins directe permet à moindre frais de tendre un index accusateur à une collection interminable de doigts pointés qui montrent plus qu'ils n'expliquent.

Regardez les revendications féministes, elles sont toujours vues comme des revendications de clan, les femmes, victimes, contre des hommes vus comme corps d'opposition. Lorsque que les homosexuel(le)s demandent l'égalité des droit on les perçoit comme une communauté sans relais extérieur, souhaitant prendre à cette majorité qui décide de nouvelles libertés qui dépendrait d'elle seule comme si le pouvoir législatif que je leur délègue est à eux et que l'emporter serait une victoire arrachée à la partie adverse. En fait, ce sont les courants qui prennent la direction des revendications qu'ils ont parce que leurs sensibilité est plus fines concernant les sujets qui les mobilisent. C'est l'expression de la société civile mais les résistances ne devraient pas être aussi marquées si l'on avait une conscience plus juste des nécessités respiratoires des sous-ensemble. Comment aller plus loin dans le féminisme si les hommes ne s'y impliquent pas d'avantage ? Quel sens ont les revendications politico-sexuelles si on les dissocies d'une recherche d'intérêt systématique des acquis communs afin que ceux qui ne partagent pas nos exigences puissent trouver une consolidation de leur propre environnement qu'il partage avec nous ? Le combat des femmes n'est pas une histoire de positionnement qui ne regarde que les femmes. Régler la question homosexuelle c'est réformer notre façon d'envisager le groupe non plus comme un seul, forcément masculin, mais comme une multitude forcément plurièle. J'en appelle ardemment à la création d'un groupe de masculinistes qui permettraient de travailler en amont sur des interrogations que seul les hommes sont en mesure d'impulser puisque cela concerne leur propre distribution organisationnelle mais le travaille critique des femmes et des gay me paraît fondateur pour poser les prémices de cette réforme de genre.
Mardi 9 juin 2009
Alain Cabello
13:51 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : homosexualité, hommes, femmes, gay, revendication





