mercredi, 17 juin 2009

Quelle place ont les glaires dans l'amour ?

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Les crachats, ça, ça me fait bander.

Killing Lawrence écrit ceci "Voyez-vous, je suis professeur et j'observe souvent dans les cours de récréation des jeunes qui crachent par terre le plus simplement du monde, comme ils respirent si l'on peut dire.
Ça m'a inspiré l'Art du Crachat, ou quand ce geste anodin se transforme en un art à part entière...
J'ai pensé à un homme qui aurait eu la révélation de sa vie en voyant sa partenaire bavant de plaisir en faisant l'amour. Il n'aurait dès lors cessé de retrouver cette bave orgasmique dans tous les moments de son existence, jusqu'à faire du crachat un Art majeur et absolu.
Mais le public n'a pas compris :
comment de vulgaires expectorations glaireuses pourraient se targuer d'être un art ?
Voilà. Triste leçon."

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Mais comment le public pourrait-il comprendre ce que l'éducation lui enjoint de ne pas faire sous peine de se dissocier du groupe ? Le cul, les pieds, les aisselles ça pu, le sexe n'est pas propre, se gratter le nez c'est crad, se laver les mains quand on va aux chiottes est une évidence de l'hygiène, pourtant, combien d'entre-nous le pratique vraiment ? Il n'y a guère que les mômes pour aimer les trucs gores, de bouffer leur crotte de nez dans la rue, de se sentir les doigts après se les être mis au cul, d'aimer Grotadmorv, les mollards verts des farces et attrape, et autres gremlins qui répugnent les adultes.

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Le crachat est-il un art ? Et si plus prosaïquement on se demandait qu'elle place à le crachat dans le sexe ou plutôt à l'inverse, combien de mecs se sont vraiment branlés sans jamais cracher sur leur pénis, combien de pédés n'ont jamais lubrifier leur doigts ou leur gode avec leur salive quand ils ne se le remette pas dans la bouche, ce que j'adore faire ? Un mec allongé sur un autre en train de lui rouler une pelle de mollusque contraignant l'autre à avaler son jus, pleins de mecs adorent. Mais parler des excès de l'amour et des formes plus glaireuses de ce qu'on peut rencontrer en baisant, que ce soit les mollards, les pétuités nasale avec notre bonne vielle crotte de nez ami des enfants, le sperme, l'urine, la sueur, les pertes séminales, et autres merdes dans le cul ou dans les yeux au réveil, là se révèlent les belles coulures de l'amour qui participent au sexe underground. Tu sais qu'Apophis serait né d'un crachat du démiurge que les dieux primordiaux auraient rejeté, le condamnant ainsi à une perpétuelle révolte ? Le crachat comme une révolte, c'est ça qui me fait kiffer. La subversion dans l'humeur et l'humeur devient source de désir. Un mec cambrer en arrière pour pisser contre un arbre, qu'est-ce que tu veut qu'il y ait de plus sexy ?

Eternuement1.jpgIl n'y a rien de plus primitif qu'un mec qui t'éternue au visage, moi j'adore. Lui ronger la gueule en lui nettoyant les trous de nez, lui curer le tarin avec ma langue, il y a une expression qui remonte à l'antiquité, c'est "faire l'amour par les sept orifices". Ben, parmi ces sept orifices, t'as les trous des oreilles, ceux du nez, de la bouche, de l'anus et celui du sexe féminin ou masculin qui a aussi son méat. Mais qui baise comme ça ? Voilà un autre avantage d'être pédé et d'adorer le corps de ses semblables. Parfois, des corps de mecs te rendent tellement dingue que t'es prêt à tout pour lire en lui.
L'autre jour, en massant le sexe d'un mec, donc au taf, il ne s'agissait pas d'un rapport sexuel, je me suis fais l'observation suivante :
En fait, un peu comme l'homme possède trois cerveaux, un reptilien, un mammalien et un néo-cortex, et bien le sexe et la raie des fesses compose une sorte de corps reptilien primitif. Le zob respire les origines et avec lui, le cul et l'ensemble des humeurs du corps. C'est comme un mec qui dors, qui pète, qui baille, qui éternue ou qui a le hoquet, ben je trouve ça craquant.
Alors, il y aura toujours des psy pour annalyser le pourquoi du comment de cette fixation sur les productions masculines, un stade de l'enfance qui ne s'est pas accomplit convenablement mais qu'importe l'origine dès lors qu'on a l'ivresse.

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Je vous recommande la lecture du Mal propre, le dernier livre de Michel Serres. Il y dissèque le lien profond, éthologique, qui existe entre le sale (ce que le corps, humain ou social, expulse : crachat, urine, fumier, sang, sperme, cadavres) et la propriété. Nos déjections et rejets marquent notre territoire et c'est autant, pour ma part, le territoire que le mode de marquage, et ce que le mec utilise pour le marquer qui m'excite. Bouffer des aliments qu'il aurait pré-mâché dans sa bouche, boire l'eau tiède qui coule de ses lèvres et c'est comme un orgasme dans éjaculation ou plutôt une éjaculation faite de viande, de liquides s'échappant de lui pour devenir partie intégrante de moi. C'est très alchimique ce besoin de ne former qu'un alors que tiens temps à la spécificité des Êtres et à mon indépendance mais probablement pour mieux m'inféoder à celui que je désire baiser dans l'acte de la vie qui caratérise le plus l'union, le sexe et parmi ces pratiques, celles sublimes de l'homosexualité.

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La morve au nez c'est sexy, les gamins adorent jouer avec et sommes toutes, ce n'est guère différent du mucus qui s'écoule d'un zob de man ou du sperme qu'on se prend en bouche et qu'on échange de langue à langue, de cavité en cavité. Là je m'imagine sous le mec en attendant que ça me tombe dessus. Alors, écrir sur ce genre de sujet n'est pas évident, soit tu fais un site de cul où tu couche tout tes fantasmes et pratiques diverses, soit tu pérores avec des mots d'intélo pour parler de choses que tu ne nommes jamais franchement et là, j'ai voulu travailler sur ce qui est une de mes notions de la pornographie homosexuelle. C'est être loin des poncifs pour les sexualités de masse avec féllation, masturbation et coït.
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Ce qui dérange interroge et ce qui interroge, conteste. C'est la guerre de tranchée qui me plaît dans le sexe, c'est la confrontation avec ces réalités d'hommes et l'extrême brutalité des rapports. C'est pour ça que j'aime baiser un man sur le dos, pour mieux voir ses réactions, le regarder gémir comme un garçon. Le top, encore une fois pour moi, c'est quand le mec qui te prends vient te rouler de méga pelles, te craches à la gueule, te mollardes dessus, te l'écartes sur le visage, se cure le nez et t'obliges à lécher ses doigts, te soumet à ses aisselles pour te faire sentir, boire la quintessence de l'horreur.
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Les jus vus comme perversion, Uro3.gifcomme aliment de sexualité et instrument violent de contestation des pouvoirs. Celui auquel je me soumets est celui que j'ai choisi, pas celui qu'on m'impose avec en plus l'audace de me dire ce qui est bien et ce qui ne l'est pas. Si boire de la pisse ne l'est pas, alors, je veux la boire et formuler par là que ma répugnance vis-à-vis des bourgeoisies installées. Mon cortex cérébral ne m'indique pas de penser comme vous pensez mais de penser pour me définir et me différencier des autres.
Le crachat est un art parce que l'art n'est que production sexuelle et que dès qu'il libère un espace où le plus grand nombre ne se reconnaît pas, il à joué son rôle de questionneur. La contestation qui suit fait partie des réactions naturelles de tout système bousculé.
Les humeurs sont dans l'art les dernières formes de violences consenties parce qu'elles sollicitent les cinq sens pour mieux les agresser. Baiser est une agression. Même consentie, c'est une intrusion, un corps étrangé qui me recouvre, m'impose son désir même si je suis en mesure de lui opposer le mien, nous restons dans la confrontation d'une prise de plaisir. Faire intervenir les sucs masculins, c'est crever ensemble dans un petite mort dans une putréfaction mutuelle et partager, c'est ne pas être seul quand on s'éteint et avoir le bonheur de se réveiller à côté de ce cadavre d'hier, aujourd'hui ressucité mais déjà prêt à recommencer.
Quoi qu'il en soit, ce que l'autre met dans sa bouche ne regarde que lui, en parler est juste se servir du langage pour partager l'ultime. A chacun son hostie, la mienne est un mollard bien vert de mec craché dans ma gueule. Hostie, du latin hostia qui veut dire "victime". Le mollard vu comme une victime exécuté sur la langue d'un autre, avalé par Moloch. L'Hostie devient par l'action du Saint Esprit "le Corps et présence réelle du Christ". Ce n'est pas du blasphème à deux balles que je formule, juste le lien qu'il y a entre les deux, le temporel pouvoir de la queue et l'intemporel perception de l'esprit. Catho ou athée comme moi, je reste un religieux dont l'éthymologie vient du mot "lien". Je suis un lien, iconoclaste, juste le temps de ma vie, juste l'instant de ces moments de sexe que j'aurais cumulé.
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La transsubstantiation de la cène par, «Ceci est mon corps livré pour vous» puis la même chose par  «Prenez et buvez-en tous, ceci est mon sang livré pour vous» n'est que le versant des possibles. Ma scène à moi se déroule non plus à treize mais à deux mais toujours avec le même désir d'union. Le corpus, (le corps) et le spiritus (l'esprit) qui se rejoint et s'anime.
Ce qui coule dans ma gorge, acre, salé, uré est le corps de l'autre fait mien. Si tu transposes le sang du Christ avec le sperme ou la pisse du mec, ça te donne un truc complétement ouf, «Prends et bois-en, ceci est mon urine livrée pour toi» et là tu lui urines à la gueule et en plus il avale parce qu'il croit en toi.
Tu rentres là dans un porno gay avec un contenu archétypal et une résonance hyper puissante avec l'autre. «Faire cela en mémoire de moi». Amuses toi à remplacer le corps du Christ par de la merde ou des crottes de nez et un hurlement au blasphème retentira, c'est ça qui me fait jouir. Il retenti parce que le vulgaire de la création absorbe le noble qu'elle tente d'opposer à sa nature première. L'intouchable créateur, le Père, la Mère et le Saint esprit de la continuité sont malmenés. C'est Jung qui, dans psychologie et alchimie travaille sur l'élément féminin que contient la trilogie. Je ne cherche pas à étayer mes fantasmes de barge, pédé et déséquilibré par des lectures dont je ne suis qu'un médiocre interpète, mais juste de retrouver dans la prima matéria cet attrait pour des textures devenues immondes et que nombre d'entre-nous recherche encore. Tu ne peux pas répondre à cela par la baise, comme Onan, si tu "fraudes par terre" tu es terrassé, seulement le hurlement des moralisateurs est l'orgasme de la vertu bousculée. Ce que j'écris-là est la projection d'un esprit de pédé mais les hétéros n'ont même pas à changer la phrase originelle «Prenez et buvez-en tous, ceci est mon sang livré pour vous» dès lors qu'ils font partie de ceux qui aiment la menstrues des femmes et là aussi, le scénario peut devenir monstrueusement top.
Capture24.gifSi boire une coupe de vin devient le sang du Christ, c'est-à-dire une inféodation totale et renouvelée à lui, alors, le sang du vulgaire peut devenir à son tour orgiaque en sachant que cette orgie, _combien de dieux Pan, de divinités lubriques avant l'émergence du monothéisme_ a précédé ce rédempteur. Dieu à créer l'homme mais pour l'hatée que je suis, c'est l'homme qui a créé dieu à son image et lui fait couler dans une coupe ses chaleurs corporelles. Moi c'est ce que je recherche entre les cuisses des hommes, une spiritualité et une fascination.
Là je tombe sur un clip qui n'est pas sans intérêt de Joe Houston dont le titre détonne : "te cracher dans la bouche", bon, qu'on se rassure, ça reste hétéro mais ça à le mérite de montrer que c'est un fantasme de mec loin d'être isolé. A quand un pédé écrira ce genre de textes ?
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dimanche, 03 mai 2009

Des doigts en or mais une âme pleine de merde

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C'est amusant ce lien qu'on fait entre massage et prostitution. Il semble que le fait d'être un gros pèd suffit à installer une sorte de proximité de complaisance devant nécessairement aboutir à un rapport sexuel découlant de l'évidence-même du massage. Et encore, quand je dis "rapport sexuel" c'est souvent une forme de sexualité adolescente mécanique, tétanisée par ce double statut qui à la fois exsite les convoitises face à ce Dieu supposé du massage qu'est sencé être son masseur et donc du préliminaire, et d'un autre côté cette part de tanatos, d'escorte vérolé qui baise comme un bonobo-distributeur de MST spécialement sélextionnées pour leur virulence.
Étrange conception d'autrui. Étrange façon de renoncer à son sexe en le rendant spontanément in-massable parce que irrémédiablement séxuel, jamais apaisé, jamais hors-sexe.
L'homosexuel vu comme vecteur de facilité. Là je suis en train de lire Simone de Beauvoir, le 1er tome du deuxième sexe. Elle cite Balzac page 193 "La femme mariée est une esclave qu'il faut savoir mettre sur un trône". En un mot, pour mieux assujettir les femmes, il faut leur donner l'impression qu'elle sont le centre. Et bien il en va de même, pour nous les masseurs, nous sommes des "esclave qu'il faut savoir mettre sur un trône" par la flatterie qui devrait suffire à nous faire céder toute rétissance malvenue. Dans la hiérachie de la prostitution nous sommes la bourgeoisie parmi les chaisières. Des branleurs qu'il suffit de payer aussi aisément que les homosexuels n'ont pas de répulsion vis-à-vis des corps de même sexe. Poupée de chiffon sans pensée ni conscience qu'avec 60€ on peut traîner par leur cheveux de laine quelques instants. Dès que nous devenons des commerçants, il nous faut renier jusqu'au de droit d'employer le mot massage pour gagner en condition et même installé, le sourire complice accompagne toujours le client intéressé sans culture aucune des arts qu'il rejoint. Il boit dans nos mains l'huile dont on l'inonde pour la seule raison qu'à tenter de mieux connaître son corps il prèfère envisager le-nôtre comme un Toulouse-Lautrec perverti par l'idée obsessionnelle d'une sexualité interlope.

Mon corps d'homme jamais ne sera donc massé sans que d'aucun veuillent me le branler tandis que les autres me suspectent de le vouloir ? La prostitution est donc la seule alternative à l'absence de savoir_massé et le seul enfer qui puisse retenir une clientèle grivoise ?
Nous ne pouvons pas accepter de nous réduire à cela. Je suis pédé, et alors, quelle subversion contient encore ce mot ? Il s'installe bon an mal an comme un confort suplémentaire, mal assuré, pour hétéro en chasse de frissons exotiques ou bi en formation de pratiques étrangères.

Moi j'en masse des queues, tous les jours, mais pour moi la lutte est plus dans le danger de devenir bourgeois en épousant la thèse des autres que de faire ce que je sens. Ce que je sens, c'est précisément le besoin impèrieux de ne pas laisser mon sexe aux hommes qui voudraient le réduire en une sorte d'intouchable au vu de la loi et de Bouddha ventripotent que chacun vient toucher parce qu'un masseur ça s'achète. Comment dire, je me sens intrinscèquement masculiniste. Ce corps est à moi, aucune loi ne saurait le délimiter dès lors qu'il participe à ma nature fondamentalement masculine. Je me sens garçon et ce que je souhaiterais avoir les compétences de dire, c'est que le féminisme ne peut guère aller plus loin sans que les hommes fassent à leur tour leur inventaire. Les hommes auxquels je suis habituellement confrontés me semblent terrorisés à la moindre idée de remise en cause. On sent leur incompréhension lorsqu'on qu'on leur explique que le sexe en massage n'est pas possible et que l'éthique nous impose ses contingences morales. C'est comme leur demander de renoncer à l'insouciance de l'enfant qui croit encore pouvoir montrer du doigt pour obtenir ce qu'il veut. Notre corps si facile à la sexualité si musclée, obéissante, monstrueuse, belle, magnifique corps masculin qui se révèle dans la massage rennonce toujours à une part de sa nature lorsqu'il doit admettre que la poétique de l'achèvement ne passe pas par le sexe parce que je suis commun à tout ceux que je masse. Comment le dire autrement ? Masseur n'est pas amant et mon corps n'est pas un tribu, une dépouille opima spolia dont on s'empare comme un Général vainqueur de la défaite des autres. Pourquoi si peu d'hommes m'entendent ? Je sens qu'ils perçoivent ce que je fais passer dans ce massage qu'ils prolongent comme un bien-être ancien qu'on voudrait resentir encore une fois. On est sur la même longueur d'onde mais plus par nature que par oreintation. De combien l'hétérosexualité particpe t-elle au choix d'un gynécologue ? L'homosexualité me semble moins lié à mon choix de devenir masseur que ma sensibilité d'homme m'a poussé à le devenir et si elle a pu être une étincelle elle ne préside pas à l'ensemble du mécanisme.